La peur du rouge

Depuis l’ancien régime, les "partageux" ont inquiété sans relâche aristocrates, bourgeois et petites gens. "Sans Dieu", anarchistes, socialistes, communistes, trotskystes, marginaux : du XIXE siècle à nos jours, les peurs se sont relayées, cumulées, renvoyées parfois l’une à l’autre, œuvrant au niveau du politique et de l’imaginaire.
Quels fantasmes ces peurs ont-elles engendrées à des moments forts en Belgique ou à l’étranger ? Quel(s) impact(s) ces fantasmes ont-ils eu(s) et ont-ils encore des décennies après les événements ? Quels mécanismes de propagande et de contre-propagande ont-ils déclenchés ? Quelle a été leur influence sur les prises de décision ?
Autant de questions et de problématiques approchées et développées dans cet ouvrage centré sur la Belgique mais éclairé par des comparaisons avec d’autres pays.

En psychologie, une distinction est opérée entre les notions de « peur » et d’« angoisse ». Ces deux sentiments sont difficiles à cerner en tant que phénomènes psychiques, faute de définitions et d’explications univoques. La « peur » est en général décrite comme un sentiment de malaise, suscité par un événement auquel on attribue une influence nuisible à nos propres intérêts. On a peur de quelque chose. La peur est donc liée à un objet et motivée par la raison. C’est pourquoi les réactions d’un sujet face à un sentiment indéfinissable qui peut persister pendant des années et marque l’homme au plus profond de son être. L’angoisse est par essence un sentiment d’inquiétude face à la mort, face à la destruction de son propre « moi ». Les réactions d’angoisse sont d’ailleurs souvent incompréhensibles.
La « peur » et l’« angoisse » sont des notions de psychologie et de psychiatrie, utilisées aussi pour expliquer le comportement d’une société ou d’un groupe social. Ainsi, la psychologie sociale rend compte du phénomène de la peur ou de l’angoisse existentielle collective.
En Belgique, la montée rapide du socialisme, au XIXE siècle, a suscité dans plusieurs milieux idéologiques un sentiment collectif d’inquiétude, de peur ou d’angoisse. Savoir s’il s’agissait de « peur » ou d’« angoisse » n’est pas sans importance. La réponse à cette question peut en effet contribuer à expliquer les réactions de la société face à la cause d’une inquiétude collective, le péril rouge. (...)

Extrait de la préface, La peur des rouges, par Pascal Delwit et José Gotovitch.

 
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Préface, par Pascal Delwit et José Gotovitch (pdf)
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Table des matières (pdf)
 
  • Auteur : Pascal Delwit et José Gotovitch (dir.)
  • Editeur : Bruxelles : Éditions de l'Université Libre de Bruxelles - Institut de Sociologie, Histoire, économie et société
  • Date parution : 1996
  • Nombre de pages : 230
  • Prix : 15,00 EUR (Frais de port non compris)
  • Référence : 2-8004-1116-3

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