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La presse en yiddish de Solidarité Juive traduite en français par Jo Szyster et déposée au CArCoB

L’organisation « Solidarité Juive » est née en 1939 et a cessé d’exister sous ce nom en 1969, année au cours de laquelle, avec d’autres groupes proches du 61 rue de la Victoire, (Contact 66, l’Amicale des Moniteurs, le Comité des Parents de l’UJJP et l’UJJP.) « Sol » est devenu l’UPJB.

Des jeunes Juifs, pour la plupart communistes, futurs créateurs de « Solidarité », avaient déjà créé avant la guerre un groupe informel qu’ils avaient appelé « Kultur farein » c’est-à-dire « Union culturelle », et qui se réunissaient souvent le dimanche au bois pour parler ensemble le yiddish, leur langue maternelle et pique-niquer, ils avaient publié à Mons en 1936 une petite brochure intitulée « PROKOR » (pour « Pro Colonizatsie in Ratn-farband »). Ce sont les mêmes (en partie), qui ont publié plus tard la presse en yiddish de Solidarité Juive. C’est de cette presse dont il s’agit ici.

20 septembre 2019

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Présentation du fonds Isabelle Blume

Photographie d'Isabelle Blume, [194X], collections photographiques du CArCoBLe CArCoB a le plaisir de vous informer que le fonds d’archives d’Isabelle Blume a été inventorié. L’inventaire est accessible via notre catalogue en ligne Pallas ou sur le lien en dessous de cet article. Cet outil permettra au lecteur de plonger à l’intérieur d’un fonds qui renferme les traces des grands combats qu’a mené Isabelle Blume (née Grégoire, le 22 mai 1892 à Baudour) tout au long de sa vie : la lutte pour les droits des femmes, pour la paix et pour la justice sociale.

D’abord militante socialiste, elle mène très tôt une lutte féministe et sociale qui la conduit à devenir responsable de toute l’action féminine du POB. Secrétaire nationale du Mouvement des femmes socialistes dès 1928, elle mène une action quotidienne en faveur de la Femme (malgré l’hostilité du POB à l’égalité politique des femmes) en écrivant notamment de nombreux articles au sein de la Voix des Femmes et de La Femme prévoyante (qui fusionneront en 1936). Son action sociale a un grand rayonnement : membre de divers comités et conseils, elle milite pour le bien-être de la famille et pour un enseignement de qualité. Cette activité est illustrée par la correspondance qu’elle entretient avec le Groupement belge de la Porte Ouverte, la Ligue de l’Enseignement et, plus tard, par son investissement au sein au sein du Conseil supérieur de la Famille et du Comité national contre l’alcoolisme.

Elue à la Chambre en 1936, elle appelle, la même année, les femmes socialistes à rejoindre le Rassemblement Universel pour la Paix, dans lequel elle s’engage activement en organisant, entre autres, le congrès international de Bruxelles, en septembre 1936. Trois ans auparavant, elle co-organisait déjà la Conférence mondiale des Femmes contre la guerre et le fascisme à Paris, en concertation avec des militantes belges.

Le tableau ne peut pas être complet si l’on ne mentionne pas également les préoccupations pacifistes et internationalistes dont elle a fait montre tout au long de sa carrière politique. En 1936, la guerre civile éclate en Espagne. Profondément touchée par les conséquences de cette guerre, elle déploie une intense activité afin de promouvoir la solidarité avec l’Espagne républicaine et fustiger la non-intervention du gouvernement belge. Elle organise également l’accueil des enfants espagnols en Belgique. Dix ans plus tard, elle s’intéresse également à la question israélienne et se prononce notamment en faveur de l’Etat d’Israël – ce qu’elle regrettera plus tard, comme l’illustre sa correspondance.

En dépit des tensions qui se font ressentir au sein du POB à son égard, surtout en raison de ses positions trop proches du Parti communiste sur les questions internationales, Isabelle Blume participe en novembre 1950 au IIe Congrès international des Partisans de la Paix, à Varsovie, à l’issue duquel est créé le Conseil Mondial de la Paix – qui la coopte en février 1951. Sa présence à ce Congrès et sa proximité avec les tribunes communistes sont la goutte de trop pour les dirigeants socialistes, qui décident de l’exclure en avril 1951.

Malgré son exclusion, Isabelle Blume reste présente à la Chambre en tant que députée indépendante jusque 1954. Ses contacts avec Henri de Man au sein du POB, lui valent d’être interviewée en 1971 par Michel Brélaz de l’Université de Genève, qui réalise un colloque sur la vie de l’ex-président du POB.

Si elle ne rejoint pas le Parti communiste alors, elle s’investit toutefois dans diverses organisations qui lui sont proches, telles que les Amitiés belgo-polonaises et belgo-soviétiques.

De 1951 à 1975, sa vie se confond avec le CMP dont elle est la Présidente coordinatrice dès 1964, nous livrant ainsi de riches informations sur l’organisation et les réunions du CMP et nous apportant un éclairage sur les questions internationales. Son action au sein du Comité lui permet d’établir des contacts dans le monde entier, notamment en Asie, en Afrique et en Amérique latine, comme en témoigne l’abondante correspondance qu’elle a conservée. Citons, par exemple, la lettre qu’elle adresse en 1969 à Pablo Picasso, à l’occasion des 20 ans du CMP, dans laquelle elle lui demande de bien vouloir dessiner une nouvelle colombe pour le logo de l’organisation.

En 1951, elle rejoint également l’Union Belge pour la Défense de la Paix (UBDP), filiale du CMP, et en devient la Présidente nationale en 1967, lorsque le mouvement se structure fédéralement (l’UBDP a pour pendant néerlandophone le BUVV, qui devient Vrede dès 1972).

Après avoir siégé comme députée indépendante durant trois ans, Isabelle Blume tente de réintégrer le PSB en 1959, pensant qu’une lutte commune pour les idées qu’elle défend est redevenue possible. Devant le refus du Parti et se sentant « dépaysée, hors de la vie » depuis qu’elle n’est plus au Parlement, elle décide de se présenter dernière sur la liste législative du Borinage en 1961, afin de retrouver sa place dans la politique belge. Si elle attend plusieurs années avant d’adhérer au Parti communiste, c’est, dit-elle, pour ne pas « enlever aux idées que je défendais (…) le poids qu’elles avaient par elles-mêmes ».

En 1964, elle intègre finalement le Parti Communiste Belge et est élue au Comité Central, aux côtés de son fils Jean. De son activité au sein du PCB, elle nous lègue des documents relatifs à la préparation des Congrès nationaux, aux résolutions prises, mais également quelques travaux qu’elle élabore pour le Comité Central. Elue, en 1964, comme conseillère communale à Hornu, elle prend à cœur les questions économiques et sociales du Borinage (charbonnages, sidérurgie), comme en témoignent les dossiers documentaires qu’elle constitue et sa correspondance. Durant son mandat, qui prend fin en 1971, elle tient la population au courant de l’activité des conseils communaux et des élus communistes en rédigeant plusieurs articles (dont elle a conservé les brouillons) destinés à paraître dans des périodiques de la mouvance communiste.

D’ailleurs, durant sa riche et longue carrière, elle a rédigé de très nombreux manuscrits portant sur des sujets très variés, inévitablement liés aux grands combats sociaux, internationalistes, pacifistes et féministes qu’elle a menés.

Isabelle Blume, personnalité au caractère marquant et à l’énergie débordante a, par l’action incessante qu’elle a menée, marquer d’innombrables personnes. Nombreux furent ceux qui, lors de la célébration de son 80ème anniversaire, ou, lors de ses obsèques, en mars 1975, lui rendirent de vibrants hommages.

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Inventaire des archives d’Isabelle Blume

Elodie Bardi, étudiante stagiaire de l’UCLouvain

Présentation du fonds Jurgita Smolski

Photographie de Jurgita Smolski lors d'un weekend de la Famille heureuse en bord de Meuse, 1961, Collection personnelle de Michel Majoros.Le CArCoB a le plaisir de vous informer que le fonds d’archives de la journaliste Jurgita Smolski a été inventorié. L’inventaire est accessible via notre catalogue en ligne Pallas ou sur le lien en dessous de cet article. Le fonds intéressera particulièrement celles et ceux qui cherchent des informations relatives à la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale et aux activités d’une journaliste du quotidien du Parti communiste belge, le Drapeau Rouge.

Jurgita Smolski, aussi appelée Georgette, est la fille d’un homme politique lituanien exécuté en 1919 par les Corps Francs. Née à Verviers le 8 février 1920, elle emménage à Bruxelles avec sa mère en 1926. C’est à l’ULB qu’elle débute des études d’histoire, où elle prendra contact avec des groupes étudiants de gauche, et entrera aux Etudiants socialistes unifiés (ESU), dont elle a raconté ses mémoires dans un ouvrage édité par le CArCoB (SMOLSKI Jurgita, Engagés volontaires : dix U.L.Bistes dans notre mémoire, Bruxelles, CArCoB, 2010).

Au début de la Seconde Guerre mondiale, elle plonge dans l’appareil clandestin du PCB, en hébergeant chez sa mère le rédacteur en chef du Drapeau Rouge, Pierre Joye, dont elle devient la courrière sous le nom de « Carine ». En octobre 1941, elle adhère au PCB, mais de jour, elle est enseignante à Decroly. Après l’arrestation de Pierre Joye en 1943, elle reste courrière de l’appareil central du parti. Elle recevra la Médaille Verhaegen de l’ULB pour son action dans la Résistance après la Libération. Dans ses archives, Jurgita Smolski a laissé un ensemble de notes manuscrites racontant ce parcours particulier.

Après la guerre, Jurgita devient journaliste pour le Drapeau Rouge et pour Front, l’organe du Front de l’Indépendance, notamment pour la rubrique « Arts, sciences et lettres ». Entre 1948 et 1950, elle publie aussi une série d’articles sur la Pologne dans l’ancien journal franco-tchécoslovaque communiste Parallèle 50. Quelques archives de ces activités ont été conservées.

Sa vie prend un nouveau tournant en 1948, lorsqu’elle se marie à un attaché hongrois à la légation de Varsovie, Ferenc Majoros. Elle décide de le suivre en Hongrie, où elle passera huit années. Elle adhère au PC hongrois en juillet 1948 et devient correspondante particulière pour le Drapeau Rouge et, plus périodiquement, pour Front. Elle envoie à ces journaux de nombreux articles, sous ses multiples pseudonymes (Carine, Anne Vincent, Claire Vincent, Anne Roland), portant sur les questions politiques, sociales, économiques et culturelles en Hongrie. Ce sont principalement ces activités dont témoigne le fonds, qui comprend de nombreux brouillons, dossiers documentaires et exemplaires de ces articles. En Hongrie, elle publiera également quelques articles dans des quotidiens hongrois et participera à certaines émissions de radio, comme en attestent quelques documents conservés.

Après son divorce, Jurgita revient en Belgique en 1956 et enseigne l’histoire à Decroly, à l’école normale Berkendael et à l’Ecole européenne, mais elle ne perdra jamais son intérêt pour le communisme. Elle a d’ailleurs conservé des documents de la Commission Nationale des Enseignants Communistes et un ensemble de notes portant sur le communisme. Après sa pension, Jurgita reste active : elle participe à des conférences, elle retranscrit ses mémoires, elle participe à la création de la Fondation Smolski-Geelens visant à aider les étudiants de l’Université de Vilnius à venir étudier à l’ULB, et surtout, elle exerce ses talents littéraires en racontant les histoires de son père et de sa mère dans plusieurs livres, dont le CArCoB dispose de copies. Elle décède le 15 janvier 2012.

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Inventaire des archives de Jurgita Smolski

Xavier Dabe, étudiant stagiaire de l’UCLouvain

Présentation du fonds Marc Drumaux

Photographie de Marc Drumaux prise lors d'une interview, [c. 1965], collections photographiques du CArCoB. Le fonds des papiers personnels de Marc Drumaux (Président du PCB de 1968 à 1972) a été inventorié et est disponible via notre catalogue en ligne Pallas ou ci-dessous. Cet outil permettra des recherches plus approfondies concernant sa vie, ses activités politiques et les sujets pour lesquels il a montré un intérêt particulier (évènements de Tchécoslovaquie, unité du mouvement international, fermeture des charbonnages...).

Marc Élie Joseph Drumaux, né à Ath le 10 mai 1922, est issu d’un milieu politisé. Après son retour en Belgique suite à l’exode des jeunes vers la France lors de l’agression allemande de 1940, il se rapproche du Parti Communiste auquel il adhère en 1943 grâce à ses contacts avec la Résistance et participe à des activités clandestines. Il est particulièrement actif dans le mouvement de jeunesse d’inspiration communiste où il occupe des fonctions au niveau régional et national. Il occupe des tâches diverses dans les années suivant la Libération dont celle de journaliste au Drapeau Rouge et de membre du Secrétariat fédéral de Tournai-Ath. Il est membre du Comité fédéral du Parti en 1946 et membre du Bureau en 1950.

Après un retrait des activités politiques suite à des problèmes de santé, il participe aux débats concernant les échecs électoraux que le Parti subit durant l’après-guerre (1949-1954) et est élu en avril 1957 au Comité Central du Parti. Il reçoit la tâche permanente d’organisation et de liaison avec certaines fédérations. En 1958, il est élu conseiller communal et échevin dans la commune de Calonne-lez-Antoing. Il est réélu conseiller communal ensuite mais n’est plus échevin en 1964. En mars 1961, il succède à Jean Terfve comme député du Borinage et fait partie du Secrétariat national du Parti depuis avril 1963. Il joue un rôle important dans les mouvements de grèves de l’époque et est élu au Bureau politique du PCB en avril 1960.

L’année suivante, il fait son entrée à la Chambre des représentants. Réélu en 1965, il préside le groupe parlementaire communiste et en 1966, il devient vice-président du Parti ainsi que président de son aile wallonne et francophone. Il appuie de toutes ses forces les mineurs borains dans leurs luttes contre les fermetures de puits. Il est à l’origine de plusieurs propositions de loi importantes comme la création d’une Régie nationale du gaz naturel. Il est investi dans les débats relatifs aux questions institutionnelles à l’initiative du Mouvement Populaire Wallon (M.P.W.) et ceux qui touchent à la politique étrangère sous l’angle de l’action pour la paix.

En 1968, il succède à Ernest Burnelle en tant que président du Parti. Il doit prendre position face à l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’armée soviétique suite au « Printemps de Prague » suscitant de vives réactions au sein du Parti. Il s’est également penché sur la question de l’unité internationale et propose une nouvelle idée qui est celle du « contre-pouvoir ». Son mandat parlementaire pour le Borinage est renouvelé en 1968 et en 1971. Il apporte son soutien à René Noël en vue de contribuer à la création de l’Union Démocratique et Progressiste (U.D.P.). Le Président du Parti décède à Uccle le 15 novembre 1972.

La notice biographique complète de Marc Drumaux est disponible via notre site : RENARD, Claude, Marc Drumaux (1922 – 1972), Bruxelles, CArCoB, 2012, [en ligne], http://www.carcob.eu/IMG/pdf/biographie_marc_drumaux.pdf

Le fonds conservé a trait à ses activités politiques et, dans une moindre mesure, à sa vie privée pour la période allant de 1957 à 1972. Son activité au sein du Parti est couverte du point de vue national ainsi qu’ international. Il comporte également un volume important de documents relatifs à son enterrement ainsi qu’à sa correspondance politique et privée.

 
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Inventaire du fonds des papiers personnels de Marc Drumaux

Lebas Johan, étudiant stagiaire de l’UCLouvain

Du rouge au tricolore : nouveaux exemplaires en vente !

Victime de son succès, la réédition du livre de José Gotovitch "Du rouge au tricolore - Résistance et Parti Communiste" a rapidement été écoulée. Pour rappel, cette nouvelle édition reprend, corrigée, celle parue en 1992, mais y précise et développe largement les 250 notices biographiques qui clôturent le volume.

Heureusement pour ceux qui n’ont pas encore eu la chance d’en profiter et qui souhaitent se le procurer, de nouveaux exemplaires viennent de nous être livrés !

 
N’hésitez pas à commander cet ouvrage en vous rendant directement sur notre boutique en ligne ou en envoyant un email à carcob@skynet.be comportant vos coordonnées.

Nouvelle contribution à l’histoire du mouvement communiste : Le Cercle des étudiants communistes 1956-1961

 

En avant. Revue culturelle et politique éditée par les étudiants communistes, n°4 (spécial sur le Congo), février 1959Un article réalisé par José Gotovitch, concernant le Cercle des Étudiants communistes de l’ULB de 1956 à 1961, est désormais accessible sur notre site.

"C’est en décembre 1956 que le comité central du Parti communiste décide la (re)création d’une Jeunesse communiste et des Etudiants communistes, organisations « ouvertes à tous les jeunes progressistes ». Il s’agissait de mettre fin à ce qui en tenait lieu sous le nom de Jeunesse Populaire et, à l’ULB, de doubler la section « Jean Guillissen » du Parti réunissant professeurs et étudiants, par une organisation d’étudiants pas obligatoirement membres du PCB." Ce cercle, qui avait réuni jusqu’à plus de 150 membres, joua un rôle essentiel dans la vie universitaire de ces années.

Pour consulter l’article, veuillez cliquer sur l’icône ci-dessous ou vous rendre dans la rubrique "contributions historiques" de notre site :

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Inventaire des archives de la Jeunesse communiste de Belgique

 

Amandine Verheylewegen a achevé - avant de s’envoler vers de nouvelles aventures - l’inventaire des archives de la Jeunesse communiste de Belgique (JCB) disponible ci-dessous ou sur notre catalogue en ligne Pallas. Ce précieux outil facilitera la recherche à peine entamée par plusieurs historien.ne.s dans des mémoires de maîtrise consultables au CArCoB.

 

La période couverte commence avec la refondation de la Jeunesse communiste de Belgique qui avait déjà existé avant-guerre. En effet, en 1956, la Jeunesse Populaire de Belgique renonce à sa vocation de mouvement de masse axé sur les loisirs des jeunes. Elle devient une organisation essentiellement politique, un outil du PCB pour son travail dans la jeunesse de l’époque.

 

La fin des années 1950 et le début des années 1960 sont marqués par sa lutte pour la démocratisation des études et l’amélioration du statut des étudiants et des travailleurs fréquentant les « cours du soir ». Elle se mobilise pendant la grève de 1960-1961. La JCB est pleine de confiance dans l’avenir et participe avec enthousiasme au Festival Mondial de la Jeunesse à Moscou en 1957. Elle s’engage dans la solidarité avec le FLN algérien et dans le mouvement pour l’indépendance du Congo, apportant une aide pratique à Patrice Lumumba. C’est aussi l’époque du lancement des marches anti-atomiques, dont la JCB est la cheville ouvrière, et des grandes manifestations de solidarité avec le Vietnam.

 
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Affiche réalisée par Willy Wolsztajn pour la fête de solidarité organisée par la Maison des Jeunes 1917 suite au saccage de leur local, 1980
 

Les cadres de la JCB s’investissent beaucoup dans les conseils consultatifs de la jeunesse, nationaux, provinciaux et communaux. Cela ne les empêche cependant pas d’être surpris par le mouvement soixante-huitard. La JCB subit ensuite une période de désorganisation où les régionales agissent en ordre dispersé. Elle se ressaisit avec la campagne en faveur d’Angela Davis, de la solidarité avec l’Unité populaire au Chili, des luttes contre le fascisme en Grèce, en Espagne et au Portugal. En 1974, les étudiants communistes organisés au sein de l’UNEC fusionnent avec la JCB qui s’adressait, jusque-là, aux jeunes travailleurs et aux élèves du secondaire.

 

La JCB est en pleine croissance pendant les années 1970 et ouvre plusieurs maisons de jeunes reconnues ou non. Elle lance un organe de presse, L’Offensive, qui deviendra Oxygène au début des années 1980 ; un journal à la pointe des revendications pour la réduction du temps de travail et l’abaissement de l’âge de la pension. Au cours de cette décennie, la JCB fait front contre les mesures frappant l’enseignement, l’achat des chasseurs-bombardiers F16, les restrictions aux sursis pour le service militaire. Elle est également présente pour soutenir Willy Peers et sa lutte pour la dépénalisation de l’IVG. La question de l’eurocommunisme entraîne une vive opposition entre les régionales de Liège et de Bruxelles. Progressivement, le déclin s’amorce. Toutefois, le festival mondial de la Havane organisé en 1978 est encore un succès ; la JCB prenant l’initiative d’une délégation belge vraiment pluraliste - composée d’éléments variés allant des « gauchistes » jusqu’à la JOC.

 

Au cours des années 1980, elle participe aux mobilisations contre le chômage des jeunes, les euromissiles et l’apartheid. Après un ultime festival à Pyongyang, la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique, à laquelle la JCB appartient, s’effondre avec le bloc soviétique. La JCB unitaire se fédéralise puis se sépare en deux ailes linguistiques qui s’affaiblissent chacune progressivement, la KJB étant la première à cesser d’exister. La JCB la suit en 1991, avec les derniers membres groupés autour de l’ultime carré liégeois qui sauvèrent d’ailleurs les archives. La JCB a suivi la courbe descendante du PCB, mais n’est pas la seule organisation de jeunesse politisée à disparaître. La JOC est devenue un service de jeunesse pluraliste, la Jeune Garde Socialiste (JGS), fer de lance de la IVème internationale, n’est plus. Quant aux « Jeunesses » des partis actuels, elles n’ont pas d’activité sur le terrain, ce sont des antichambres d’une carrière politique. Une seule exception : le PTB qui a construit un parti et s’est doté d’organisations de jeunesses spécifiques pour les enfants, les adolescents et les étudiants, reprenant ainsi le schéma qui fut celui du PCB : Pionniers, JCB, UNEC.

 

Jules Pirlot

 
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Inventaire de la JCB

MEILLEURS VŒUX POUR L’ANNÉE 2019 !

Et pour commencer l’année… un peu d’histoire !

Le Drapeau Rouge des 1er et 2 janvier 1925 annonçait le premier anniversaire du journal.

 

 

A cette occasion, Joseph Jacquemotte écrivait en première page du journal :

Le Drapeau Rouge entre aujourd’hui, et gaillardement nous osons le dire, dans sa deuxième année d’existence. […] Certes, lorsqu’en août 1923, au lendemain même de la libération des militants communistes emprisonnés depuis cinq mois pour « complot contre la Sûreté de l’Etat » […] la question se posa de transformer notre Drapeau Rouge hebdomadaire en quotidien, nul de nous ne se cachait les difficultés considérables de la tâche que le Parti entreprenait. […] Les obstacles attendus ou inattendus n’ont pas manqué de se multiplier sur notre route. Le ministre des Chemins de fer, sans interdire ouvertement, par une décision ferme, la vente de notre quotidien dans les gares du réseau, a refusé d’accorder l’autorisation nécessaire, plaçant ainsi, pratiquement, le quotidien révolutionnaire du prolétariat sur le même pied que les journaux pornographiques ! […] Nous avons tenu ! Et nous continuerons à tenir ! […] En ce premier anniversaire de la fondation de notre Drapeau Rouge, faisons le serment de donner tout à la défense de la Révolution russe à nouveau menacée ; de travailler sans relâche pour le développement de notre Parti et de notre quotidien ! […]

 

 

Décès de notre ami Paul Wynants

 

Le début de cette année est malheureusement assombri par le décès de notre ami Paul Wynants. Membre de notre Conseil scientifique, il était professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Namur. Paul Wynants était issu d’une famille démocrate chrétienne et, dès l’adolescence, s’était clairement engagé en créant, à 18 ans, un groupe du Rassemblement des Progressistes à Huy. Ses analyses de l’histoire politique récente de Belgique, publiées au CRISP, frappaient par leur information précise et leur pertinence. Paul Wynants avait notamment apporté tout son appui aux groupes de recherche axés sur l’histoire du Mouvement ouvrier. Il présidait le groupe de contact FNRS, exerçant la tutelle sur le Maitron Belgique. Le Centre d’histoire des Gauches de l’ULB avait toujours pu compter sur son appui pour introduire ses projets de colloques et publications, et il nous avait fait l’amitié d’apporter son renom et sa compétence au sein de notre Conseil scientifique. Nous perdons un proche de toute grande qualité, à la sympathie souriante et de conseil précieux.

"Du rouge au tricolore" de J. Gotovitch par Nicolas NAIF

Un excellent article de Nicolas Naif dans Le Drapeau Rouge du mois de septembre

"L’ouvrage monumental de José Gotovitch, Du rouge au tricolore, est déjà une vieille connaissance pour les amateurs d’histoire de Belgique et plus particulièrement du Parti communiste. En effet, ce livre a été édité pour la première fois en 1992 et demeure une pierre absolument fondamentale dans l’historiographie du communisme belge. Même 26 ans après, ce livre reste une référence inégalée pour la compréhension de cette période si particulière, si intense, si dramatique que fut la Seconde Guerre Mondiale." Nicolas Naif.

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Lire l’article

NAIF, Nicolas. "Du rouge au tricolore, la résistance dans l’histoire du communisme belge", Le Drapeau Rouge, septembre-octobre 2018, p.16-17.

IN MEMORIAM

Outre Zoé Blusztejn (Zouzou) dont nous avons déjà publié l’in memoriam, ce mois de novembre 2018 a été funeste pour des personnalités qui ont marqué l’histoire du communisme en Belgique.

 

Lucie CRABBE, épouse de Dirk Lauwers, née à Watermael-Boitsfort le 17 décembre 1920, décédée à Saint Josse-ten-Noode le 15 novembre 2018. Marquée par son enfance de fille de coloniaux, outrée par la manière dont les Congolais étaient traités dans les mines d’or du Kilo-Moto, elle s’engage contre les injustices. Membre du PCB après la Libération, elle participe à la naissance du Rassemblement des Femmes pour la Paix, elle connait toutes les luttes contre l’armement nucléaire et pour la dépénalisation de l’avortement. De 1989 à 1998, elle assume la codirection du mouvement et fait la promotion de la formation politique des femmes en coopération avec Xavier Mabille et de l’éducation musicale avec Bernard Focroulle, déployant ses activités dans le Brabant wallon et à Bruxelles.

 

Maurice MAGIS, né à Dampremy le 11 octobre 1948, décédé à Gosselie, le 21 novembre 2018. Fils d’un responsable communiste de Charleroi prénommé Maurice lui aussi, il s’engage très tôt dans l’action politique et devient journaliste puis rédacteur en chef du quotidien Le Drapeau rouge. Après la fin de la parution du journal communiste et l’échec d’un organe pluraliste de gauche Libertés, il poursuit son activité journalistique dans le cadre de la Fondation (devenue Association) Joseph Jacquemotte et son activité politique au sein du Parti Communiste Wallonie-Bruxelles.

 

Simone TITS, née le 20 mai 1926 à Etterbeek , décédée à Woluwe-Saint-Lambert, le 25 novembre 2018. Artiste céramiste, elle avait épousé Roger Somville, peintre et militant communiste. Elle est son modèle, son image apparait partout dans l’œuvre de son mari. Elle l’a soutenu pendant toute sa vie artistique et militante. Elle est aussi la mère de Marc Somville qui fut président de la Jeunesse Communiste de Belgique.

IN MEMORIAM - Zoé Blusztejn "Zouzou"

 

Née à Forest, le 17 février 1932, décédée à La Louvière le 12 novembre 2018.
Les parents de Zouzou étaient des Juifs communistes polonais, arrivés séparément en Belgique où ils se sont rencontrés et mariés. Son père, tailleur, est passé rapidement à la clandestinité après un séjour forcé en France d’où il s’évade en 1940. Capturé comme résistant, il ne reviendra pas des camps. La mère de Zouzou échappe à la déportation. Sa fille est cachée et ballotée de familles en institutions.
Après la guerre Zouzou fréquente les Pionniers communistes et les organisations de juifs progressistes. Adolescente, elle milite à la Jeunesse Populaire de Belgique. Elle adhère au PCB en 1949. Elle s’éloigne ensuite de Bruxelles et du parti. Elle fonde une famille.
C’est dans le Brabant wallon qu’elle reprend sa vie militante au début des années 1960. Augustin Duchâteau, dirigeant local et membre du Bureau politique, lui propose d’entrer dans le cadre administratif du PCB. Elle travaille comme employée pour le Comité central, s’occupe de l’accueil des délégations de l’importante réunion des partis communistes ouest-européen à Bruxelles en 1974 et termine sa carrière comme documentaliste du Parti communiste de Wallonie et de Bruxelles.
Depuis 1980, elle résidait à La Louvière, active dans le parti et dans l’association culturelle Achille Chavée. Elle avait toujours eu une passion pour la musique et la danse classique, c’est une autre facette de sa personnalité extravertie.
En 2016 elle publie ses mémoires*, un touchant témoignage sur sa vie.
Jules Pirlot

 

*Zoé Blusztejn, Zouzou, itinéraire d’une enfant juive, préface de José Gotovitch, éditions du Geai bleu et Club Achille Chavée, 2016. Disponible au CArCoB.

Nouvelle édition et promotion

Nous vous offrons la possibilité d’acquérir la réédition du livre de José Gotovitch Du Rouge au Tricolore. Les Communistes belges de 1939 à 1944. Un aspect de l’histoire de la Résistance en Belgique, Bruxelles, éditions du CArCoB, 2018, 740 pages - ainsi que le précédent ouvrage de l’auteur Du communisme et des communistes en Belgique. Approches critiques, Bruxelles, éditions Aden, 2012, 436 pages - le tout au prix de 30€ + 5,50€ de frais de port.

Pour retrouver toutes les informations concernant ces ouvrages et pour passer commande, cliquez ici ou rendez-vous sur notre librairie en ligne.

Les archives de Paulette et Paul Louis Pierson-Mathy / Comité contre le colonialisme et l’apartheid

Les archives de Paulette et Paul Louis Pierson-Mathy et du Comité contre le colonialisme et l’apartheid sont actuellement en cours de versement au CArCoB.
Ce fonds d’archives essentiel constitue une source exceptionnelle en Belgique pour quiconque s’intéresse à la lutte contre l’apartheid et le colonialisme, mais aussi à la solidarité internationale, à l’accès à l’indépendance par la lutte armée et au processus de décolonisation.
Une partie des archives concerne également l’activité de Mme Pierson-Mathy au sein de l’Association belge et internationale des juristes démocrates.
Les périodiques, les brochures et les mémoires composant ce fonds sont actuellement en cours d’encodage dans notre catalogue en ligne. Les archives sont quant à elles directement accessibles sur place au CArCoB.

Histoire de l’art et communisme

Le mémoire de licence en Histoire de l’art Le mouvement réaliste en Belgique de 1940 à nos jours présenté à l’Université de Liège en 1986 (inédit) peut être enfin consulté. Son auteur, Jean-Christophe Yu, vient de mettre à la disposition du CArCoB une copie accessible au public.

Après 1945 et jusqu’à la fin des années 1980, des artistes comme Roger Somville, Edmond Dubrunfaut, Louis Deltour, Wilchar et tant d’autres ont animé le courant réaliste en Belgique.

L’historien de l’art décrit l’origine de ce courant dans le contexte philosophique et politique de l’après seconde guerre mondiale, une époque marquée par le prestige de l’URSS victorieuse du nazisme et la place conquise par les partis communistes en France et en Belgique dans les sphères intellectuelles et artistiques avec des personnalités comme Aragon et Bob Claessens.

Les œuvres picturales des réalistes prennent position dans les luttes sociales et politiques. Le mouvement entre aussi en confrontation avec l’émergence du non-figuratif représenté par un autre artiste communiste : Paul Renotte.

Jean-Christophe Yu retrace ainsi une époque où les questions esthétiques étaient débattues entre communistes, où les créateurs voulaient être des "éveilleurs de conscience".

Illustration : Paul Renotte, Tôle cuite, 1963.

Refaire Mai 68 ? Héritages et actualité : les 2, 7 & 8 mai 2018

Les 2, 7 et 8 mai auront lieu à l’ULB plusieurs événements dans le cadre du 50ème anniversaire de Mai 68.

Mercredi 2 mai, 18h :
Projection-débat autour de Libre examen 68 (Luc de Heusch) ;
Vernissage de l’exposition du Département des Bibliothèques et de l’Information scientifique.

Lundi 7 mai, 18h :
Introduction générale du colloque Refaire Mai 68 ? Héritages et actualité, avec Sophie Béroud (Lyon-2) ;
Projection de Grands soirs et petits matins (William Klein).

Mardi 8 mai, 9h-19h :
Matinée - Conférences avec différent(e)s spécialistes de Mai 68, belges et internationaux.
Après-midi - tables rondes avec des témoins de l’époque et représentant(e)s des organisations étudiantes de l’ULB.

Informations pratiques :
Lieux : Mercredi 2 mai - Bâtiment NB, VIS-2
Lundi 7 mai - Auditoire DC2.223, avenue Depage
Mardi 8 mai - Grand Hall, Bâtiment A, Campus du Solbosch - 1000 Bruxelles
Prix : accès libre
Contact : institut.liebman@ulb.ac.be

Cliquez ci-dessous pour le programme complet.

Le Ventre des Belges. Une histoire alimentaire des temps d’occupation et de sortie de guerre (1914-1921 & 1939-1948), par Luis Angel Bernardo y Garcia

C’est une étude monumentale qu’Angel Luis Bernardo y Garcia a publiée aux Archives générales du Royaume en 2017. Le Jury du prix du CArCoB, auquel l’auteur a soumis cet ouvrage, a été fortement impressionné. L’ampleur de la documentation explorée, l’aridité de certaines sources surmontée avec brio, l’étendue chronologique du sujet, les questions capitales et originales qu’il pose, font de ce travail une contribution essentielle pour l’histoire économique et sociale de la première moitié du XXème siècle en Belgique.

"Entre 1914 et 1948, la Belgique aura connu cinq crises alimentaires (1914-1918, 1918-1921, 1939-1940, 1940-1944, 1944-1948), soit près de 16 années de privations et de disette. Ces crises alimentaires seront marquées par la chute brutale, voire la quasi disparition, des vitaux approvisionnements extérieurs.

Densément peuplée, structurellement déficitaire en produits agricoles de première nécessité et intrinsèquement libre-échangiste, la fourmilière belge ne semble guère armée pour supporter deux guerres mondiales et deux longues sorties de guerre.

Au cours des deux occupations, la population belge échappe pourtant à la famine en dépit du blocus britannique et des prédations allemandes massives nourries par un marché noir florissant. Au cours des deux sorties de guerre, elle parvient à relancer rapidement sa production industrielle et ses exportations dans un contexte de normalisation politique et sociale.

Ces « miracles » alimentaires et économiques ne peuvent être compris qu’en étudiant les crises alimentaires précédentes dont la puissance publique, les élites dirigeantes, le monde agricole et le mouvement ouvrier ont su tirer les enseignements."

Référence : Luis Angel BERNARDO Y GARCIA, Le Ventre des Belges. Une histoire alimentaire des temps d’occupation et de sortie de guerre (1914-1921 & 1939-1948), in Studies in Belgian History, 4, Archives générales du Royaume, Bruxelles, 2017.

Retrouvez le rapport du Jury du prix du CArCoB en cliquant ici.

Le Comité mondial des Femmes contre la Guerre et le Fascisme (CMF)

La section belge du Comité Mondial des Femmes contre la Guerre et le Fascisme (CMF) naît dans le sillage de la Conférence mondiale des femmes contre la guerre et le fascisme organisée en 1934 à Paris par le mouvement « Amsterdam-Pleyel », que président Romain Rolland et Henri Barbusse. Plusieurs Belges participent à son comité d’initiative, qui témoignent de la résonance prise par le pacifisme et l’antifascisme dans les mouvements socialiste, communiste et féministe. Outre la présence de dirigeantes du mouvement féminin socialiste (Alice Pels, Isabelle Blume et Hélène Burniaux), la communiste Marcelle Leroy y joue un rôle moteur. Mais la personnalité sans doute la plus emblématique est Germaine Hannevart qui symbolise l’adhésion au mouvement d’une nébuleuse à la fois féministe, pacifiste et laïque dont le point d’ancrage est l’enseignement. Constituée en 1934, la section belge du CMF est présidée par Lucia de Brouckère. Mais c’est surtout la secrétaire Marcelle Leroy qui en devient la cheville ouvrière, à qui succède Emilienne Steux-Brunfaut. Se retrouvent côte à côte dans ses rangs : des pionnières de la paix (Antonia Nyssens-van Dreveldt, Léonie La Fontaine), de nombreuses femmes socialistes et communistes, mais aussi des libérales (Georgette Ciselet, Gabrielle Rosy-Warnant) et des laïques non affiliées à un parti (Germaine Hannevart). Elle ne parviendra jamais à se rallier des femmes catholiques.
La jeune association s’illustre dès lors dans différents combats, féministe, pacifiste et antifasciste.
(...)

Cliquez ici pour lire la suite de cet article.

Illustration : Portrait de Marcelle Leroy, Fonds personnel de José Gotovitch.

En vente au CArCoB

Le livre de Jean-Michel Chaumont, Survivre à tout prix ? Essai sur l’honneur, la résistance et le salut de nos âmes est désormais en vente au CArCoB.
Cette recherche pionnière a notamment été rendue possible par l’exploration systématique des dossiers constitués par le PCB à la libération et conservés au CArCoB, ouverts pour la première fois totalement à un chercheur, tout en respectant l’anonymat des personnes.

"Survivants à leur déportation, un certain nombre de militants communistes rentrent en Belgique mi-1945. Le Parti leur demande alors de relater les circonstances de leur arrestation, leur conduite durant les interrogatoires (parfois accompagnés de séances de torture à Breendonk) et leur conduite dans les camps. Le présupposé implicite de la reddition de compte exigée est que leur survie les rend suspects de trahison. Ont-ils respecté durant leur interrogatoire la consigne de silence total prescrite par le code du militant illégal ? Ont-ils au contraire sacrifié leur honneur à leur survie ? Mais qu’est-ce que cette "morale de l’honneur" à laquelle tant leurs juges à la Commission Central de Contrôle du PCB que les militants eux-mêmes se réfèrent fréquemment ? Est-ce ce même honneur dont parlait Montesquieu ? Est-ce le même honneur au nom duquel des crimes sont commis et que le code pénal belge considère comme une circonstance aggravante ?" ( J.-M. Chaumont )

En vente au prix de 29€ (frais de port n.c.) via notre librairie en ligne ou au CArCoB (33, rue de la caserne - 1000 Bruxelles).

Cliquez ici pour plus d’informations concernant cet ouvrage.

La vie quotidienne, l’action, les luttes et les plaisirs d’une section communiste dans les années ’70/’80

Les années ’70 et ’80 furent des années d’espoirs et de montées des luttes diverses : mai 1968 avait provoqué un rajeunissement, un appel vers des solutions nouvelles pour faire de la politique. On pensait alliances progressistes, l’eurocommunisme donnait des ailes et des idées à quelques sections du PCB. La Section de Forest connut alors une expansion remarquable, une présence dans la commune appuyée sur des journaux réguliers, des revendications, des assemblées larges, des fêtes, des affiches percutantes, un langage qui parlait loin au delà du cercle restreint des traditions. Grâce aux archives de deux des principaux responsables, Jacques Teghem, (né le 4 février 1948) secrétaire politique de la section et Serge Govaert, (né le 4 mars 1950) responsable de La Vie Forestoise, il est possible de suivre pas à pas, l’élaboration de cette percée, la vie intérieure de la section mais aussi ses rapports tant avec la direction du PC qu’avec les autorités forestoises, les négociations avec les autres formations politiques locales : un véritable kaléidoscope. On peut suivre deux campagnes communales exceptionnelles, de 1976 à 1982 mais aussi la vaine tentative de créer en 1988 un rassemblement rouge-écologiste. Bref le matériau idéal pour élaborer une micro-histoire d’une trajectoire politique au niveau communal.

Cf. Papiers personnels Jacques Teghem, 1976 - 1989, et Papiers Serge Govaert, 1975 - 1988 ; 6 + 3 boîtes d’archives. Collections Périodiques : La Vie Forestoise, Les Braises, S’unir.

La Ligue révolutionnaire des travailleurs (LRT) 1971 - 1984, par Simon Hupkens

Le mouvement trotskyste est présent en Belgique depuis 1928. Marginal, il a cependant exercé une influence intellectuelle et politique marquante dans la gauche. Son histoire est également faite de multiples scissions et couverte d’une certaine obscurité en raison de périodes où ses militants ont exercé leur action au sein d’autres formations politiques, essentiellement les partis socialistes. Mais durant toutes les années ’70 et jusque dans les années ’80, le mouvement trotskyste belge s’incarne principalement dans la Ligue révolutionnaire des Travailleurs (LRT).

Pour élaborer son excellent travail publié par le CRISP (Courrier hebdomadaire n°2335 - 2336), Simon Hupkens a puisé dans les riches archives de l’IHOES à Liège et de l’AMSAB à Gand. Il a interviewé de nombreux militants.
Il démontre et analyse les différentes tendances qui s’affrontent au sein du mouvement qui opposent deux lignes : l’ouvriérisme et l’intellectualisme. Il décrit avec intelligence les ruptures successives qui recouvrent des conflits générationnels et les stratégies qui s’opposent : l’entrisme puis le "mouvementisme".
Par une écriture claire et bien structurée, par une vision politique indépendante, il permet une compréhension intelligente du mouvement. Le Jury du prix du CArCoB, auquel l’auteur a soumis son travail, l’a fortement apprécié (cliquez ici pour le rapport du Jury).

Simon Hupkens participera au séminaire du Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches de l’ULB ce jeudi 29 mars. Cette conférence-discussion portera sur La ligue révolutionnaire des travailleurs 1971 - 1984 : les trotskystes belges à la recherche d’une homogénéité politique.

Informations pratiques :
Le séminaire est ouvert à toutes et tous. Entrée libre.
Quand : Jeudi 29 mars, de 18h à 20h.
Lieu : Campus du Solbosch, Bâtiment S, salle Arthur Doucy, 12ème étage, Institut de sociologie de l’ULB, 44 avenue Jeanne (cliquez ici pour le plan).
Attention, des travaux sont en cours Avenue Franklin Roosevelt, le campus est accessible en voiture uniquement via l’Avenue Buyl.

Biographies communistes

La Nouvelle Biographie Nationale est une publication de l’Académie Royale de Belgique qui a pris la suite d’une première série qui parut de 1866 à 1986 et comporta quarante-quatre volumes. La NBN en compte déjà treize. Les biographies concernent des Belges qui ont acquis une certaine notoriété, que ce soit sur le terrain scientifique, culturel, économique, artistique, sportif, militaire ou politique... Les notices sont rédigées dans la plupart des cas par des spécialistes de l’activité dans laquelle la personne biographiée s’est signalée, sur base de sources citées en références.

Près d’une cinquantaine de personnalités ayant appartenu, ne fût-ce qu’à une période de leur vie, au Parti communiste figurent dans cet ensemble. Il est vrai que certaines, centrées sur leurs activités scientifiques, ne mentionnent pas leur engagement politique. Ainsi par exemple, le Professeur Paul Michot, de l’Université de Liège, géologue réputé, fut un peu plus que "résistant de gauche", mais bien sénateur communiste de 1946 à 1949, tout comme Max Cosyns, savant atomiste, fut membre du Conseil mondial de la Paix. Mais c’est en découvrant la notice qui lui est consacrée que ceux qui l’avaient côtoyé à la Section Jean Guillissen de l’ULB ou encore parmi les "porteurs de valise" pendant la guerre d’Algérie, apprendront la notoriété scientifique exceptionnelle, belge et internationale, de Roland Wollast.

Il faut souligner que l’ensemble des notices de la Biographie nationale est accessible à tous sur le site de l’Académie Royale de Belgique : "academieroyale.be"

José Gotovitch

Cliquez ci-dessous pour voir la liste des notices :

Remise du Prix CArCoB le 9 mars à 17h

Le prix CArCoB 2017 vient d’être attribué à Robin Bruyère pour son mémoire de master : Travail syndical et influence du PCB au sein de la FGTB liégeoise dans les années 1970 - 1980.

Le prix sera remis le 9 mars à 17h, au 33 rue de la Caserne - 1000 Bruxelles, l’occasion pour l’auteur de présenter son travail.

Le CArCoB a attribué pour la deuxième fois son prix bisannuel destiné à distinguer "une contribution scientifique originale à la connaissance historique des mouvements communistes en Belgique". Le prix, est destiné à "stimuler et valoriser les recherches et travaux mettant en valeur la documentation du Centre". Il avait été attribué en 2016 au doctorat défendu à l’UCL, publié depuis d’Anne-Sophie Gijs, Le pouvoir de l’absent : les avatars de l’anticommunisme au Congo (1920-1961).

Comme en 2015, le jury a été saisi d’un nombre appréciable de travaux des grande qualité, se partageant en documentaire filmé, thèse de doctorat et mémoires de master en histoire issus de nos diverses universités.

Il a couronné le mémoire de master en histoire défendu à l’Université de Liège par Robin Bruyère, Travail syndical et influence du PCB au sein de la FGTB liégeoise dans les années 1970 - 1980.

Au terme d’un impressionnant dépouillement d’archives et de journaux disponibles dans tous les lieux envisageables et portant sur une période bien plus large que la décennie traitée, l’auteur a réalisé une enquête orale qui donne un visage aux luttes évoquées. Il sauve ainsi le rôle joué par des protagonistes dont la trace n’affleure pas souvent dans les sources écrites et qui ont pourtant écrit l’histoire syndicale. Il marie avec doigté sources orales et écrites. Il pose clairement la question du politique et donne ainsi les chaînons qui relient prises de positions et actions. Il met en évidence les générations syndicales qui se distinguent et ose poser des hypothèses quant à l’ethos communiste, sa conception du monde, son rapport avec celui-ci, sa rationalité sociale et éthique. Par-delà, il éclaire la stratégie syndicale des différentes forces politiques qui s’allient et s’affrontent au sein des entreprises et des services publics.
Les thèmes abordés, les fonctionnements mis à jour éclairent l’histoire sociale d’aujourd’hui et apporte une contribution de poids à l’élaboration d’une histoire syndicale, parent pauvre de la recherche historique en Belgique.

Le jury souligne qu’il a eu quelque peine à départager des travaux qui, tous, témoignent de qualités évidentes et encourageantes pour l’histoire des forces de gauche dans ce pays.

Le rapport du jury sur l’ensemble des travaux est disponible ci-dessous.

 

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Lire le rapport du jury (pdf)

Quelle marge de manœuvre pour un ministre communiste en Belgique

Le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches de l’ULB reprend son cycle de séminaires pour l’année 2018.

Pour l’occasion il accueillera François Belot pour la première conférence "Quelle marge de manœuvre pour un ministre communiste en Belgique ? L’expérience du ministre communiste Jean Terfve à la Libération".

Au lendemain de la Libération, des communistes entrent dans divers gouvernements d’Europe occidentale. En Belgique, le Parti communiste (PCB), qui a récolté plus de 12% aux élections de février 1946, envoie quatre de ses dirigeants au gouvernement. Jean Terfve se voit ainsi confier, en avril 1946, le portefeuille de la Reconstruction. Il est chargé de la réparation matérielle du pays et de l’élaboration des statuts à octroyer aux résistants et aux victimes de la guerre. Depuis la négociation des portefeuilles jusqu’à sa démission onze mois plus tard, Jean Terfve, tout comme ses trois autres camarades, est confronté à de nombreuses difficultés et à de véritables actes de sabotage, de la part de ses adversaires catholiques comme de ses partenaires gouvernementaux, qui le contraignent à modifier ses projets.

Cette participation communiste au gouvernement belge n’est pas sans ouvrir des réflexions tout-à-fait actuelles quant à la très étroite marge de manœuvre que peuvent avoir des partis de gauche s’ils acceptent de participer au pouvoir.

Le CHSG accueillera comme "discutant" de cette séance, Luis Angel Bernardo y Garcia, auteur d’une thèse de doctorat sur Le Ventre des Belges. "Miracle économique" et restauration des forces de travail. Origines et développement de la politique alimentaire du second immédiat après-guerre (1914-1948) (ULB, 2014-2015).

Le séminaire se déroulera à la salle Henri Janne, 15ème étage de l’Institut de Sociologie (Bât.S), ULB, 44 avenue Jeanne, 1050 Bruxelles. Entrée libre.

Retrouvez le programme des prochains séminaires en cliquant sur le lien "lire la suite".

Exposition : 1917 - 2017 Sous le signe de la Faucille et du Marteau

L’Écomusée du Viroin vous propose de (re)découvrir la Révolution d’Octobre sous l’angle de sa symbolique : la faucille et le marteau.

Symbole de l’union entre le monde paysan et ouvrier dans la perspective d’une révolution qui se voulait sociale et universelle. Au travers de panneaux, de photographies, de l’importante collection de faucilles et de marteaux de l’Écomusée, de vidéos et de nombreux objets marqués du symbole communiste (prêtés notamment par le CArCoB et l’IHOES), l’exposition retrace l’évolution technologique et culturelle de ces deux outils majeurs de l’aventure humaine qui viendront marquer au début du XXe siècle le drapeau rouge de nombreux mouvements sociaux à travers le monde.

Informations pratiques :
Actuellement à l’Écomusée du Viroin jusqu’au 08/10/2018.
63, rue E. Defraire - 5670 Treignes
060/39.96.24.
http://www.ecomusee-du-viroin.be/

Meilleurs vœux pour 2018

Le Conseil d’administration, le Conseil scientifique et toute l’équipe du CArCoB vous présentent leurs meilleurs vœux pour cette nouvelle année !

14 décembre 2017, de 18 à 20 heures à l’ULB (local NA4.302)

Le Centre de Recherche Mondes Modernes et Contemporains (ULB), le CArCoB (Centre des Archives du Communisme en Belgique) et le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches (ULB) vous invitent

à la présentation - débat de l’ouvrage

"Essai sur l’honneur, la résistance et le salut de nos âmes"

de et avec Jean-Michel Chaumont, Chercheur qualifié FNRS et professeur à l’UCL,

et Bernard Pudal, Professeur (em.) de sciences politiques à l’Université de Paris X-Nanterre, discutant.

Cette recherche pionnière a été rendue possible par l’exploration systématique des dossiers constitués par le PCB à la libération et conservés au CArCoB, ouverts pour la première fois totalement à un chercheur, tout en respectant l’anonymat des personnes.

Grand succès du colloque sur Octobre 1917

Coorganisé par le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches de l’ULB (CHSG), l’Institut Marcel Liebmann, la Formation Lesoil et le Centre des Archives du Communisme en Belgique (CArCoB), le colloque « Redécouvrir les espoirs, les utopies et les héritages de la Révolution russe » qui s’est tenu du 2 au 4 novembre à la Maison du Peuple de Saint-Gilles ambitionnait de revisiter la révolution russe à la lumière des nouvelles approches historiennes favorisées par l’ouverture des archives de l’ex-Union soviétique. Les organisateurs ne voulaient ni d’une manifestation académique, ni d’une « commémoration » pro ou anti. Leur volonté était de favoriser une réappropriation sans tabous ni fétiches de ce qui demeure un moment clé de l’histoire des combats pour l’émancipation des exploités et des opprimés.

Nouvelle notice biographique d’Albert Marteaux

De conseiller communal socialiste, chirurgien en Espagne, à Ministre communiste, le Docteur Albert Marteaux a parcouru un chemin exceptionnel.
" Médecin pour les pauvres ", né dans les Marolles, en réalité chirurgien urologue, il créa les Anciens Combattants Socialistes, entra au conseil communal de Bruxelles en 1921 pour ne le quitter qu’à sa mort en 1949. Administrateur de la Commission d’Assistance Publique, il lutta toute sa vie pour l’intercommunalisation des CAP de l’agglomération bruxelloise qu’il réalisa comme ministre de la Santé Publique ! En effet, député en 1926 et réélu en 1936 jusqu’à sa fin, il prit part et anima les courants de gauche successifs au sein du POB (La Lutte des Classes, la Bataille socialiste, puis l’Action socialiste). Fougueux défenseur de l’Espagne républicaine, il organisa et dirigea un hôpital pour les combattants à Onteniente. Quand le gouvernement Spaak reconnut Franco, il rompit avec le POB et rejoignit le PCB qui le fit réélire en 1939. C’est à lui que son parti fit appel en 1941 pour lancer le Front de l’Indépendance auquel il amena l’Abbé Boland rencontré au cours de son action en faveur de la Chine en butte aux violences japonaises. Mais, brûlé, il gagna Londres pour endosser à son retour en 1944 la charge de Ministre de la Santé Publique à laquelle l’avait désigné son parti. En 25 mois d’activité, il tenta une véritable politique globale de la santé publique, allant du statut des infirmières, l’inspection médicale scolaire, à l’extension des plaines de jeux et installations sportives, l’assainissement des taudis, la réorganisation de la distribution de l’eau. Il mourut, malade, deux ans après la fin de la participation gouvernementale communiste. Une foule innombrable suivit la dépouille mortelle de ce tribun et combattant populaire.

Vous pouvez retrouver la notice complète en suivant ce lien.

Collection du journal "La Gauche"

La Formation Léon Lesoil vient de nous déposer une importante collection du journal "La Gauche" pour les années 1958 à 1987. Celle-ci vient compléter et suppléer les numéros déjà conservés au CArCoB. Le lecteur pourra désormais y consulter "La Gauche" de 1956 à nos jours.
C’est le 15 décembre 1956, que "La Gauche" sort de presse pour la première fois, née d’un courant de gauche au sein du parti socialiste. Le comité de rédaction est composé de Guy Cudell, René Evalenko, Jacques Guyaux, Robert Lambion, Raymond Latin, Ernest Mandel, Raymond Rifflet, Emile Van Ceulen et Jacques Yerna. André Renard et Camille Huysmans figurent dans le comité de patronage. Depuis le début des années 50, quelques dizaines de militants de la IVe Internationale, parmi lesquels Ernest Mandel et Émile Van Ceulen (devenu dirigeant JGS en 1954) étaient entrés clandestinement au PSB.
Dès sa fondation jusqu’à la grève générale 60-61, "La Gauche" s’est efforcée de populariser le programme de "Réformes de structures", adopté par le FGTB en 1954 et en 1956. Dès le début, la direction du PSB s’est montrée hostile aux accents portés par "La Gauche" bien qu’elle ignorât tout de l’existence d’un noyau clandestin de la IVe Internationale en son sein.
Pendant la grève 60-61, une rupture se produira entre "La Gauche", qui prônait l’organisation d’une Marche sur Bruxelles, et André Renard qui opérait un "repli wallon" en revendiquant le fédéralisme. Après la grève, la participation des socialistes au gouvernement, le vote des lois antigrève, la direction du PSB attendra 1964 pour exclure les principales figures du comité de rédaction. Les rédacteurs et les diffuseurs de la Gauche lancent alors un parti de gauche : le Parti Wallon des Travailleurs (en Wallonie) et l’Union de la Gauche Socialiste (à Bruxelles). Pierre Legrève, militant de la CGSP-Enseignement, de l’UGS et de la IVe Internationale, est élu au parlement en 1965 sur une liste de cartel PCB-UGS.
"La Gauche deviendra l’organe de la Ligue Révolutionnaire des Travailleurs en 1971, année où la IVe Internationale réapparaît au grand jour en Belgique. "La Gauche" est toujours le journal de cette organisation qui a changé de nom en 1983 (POS) et en 2006 (LCR).

Journée d’étude sur l’Association Belge des Juristes Démocrates (ABJD)

Le mercredi 14 juin aura lieu à l’ULB une journée d’étude et de témoignages sur l’Association belge des Juristes Démocrates (1973-1993).

En 1973, l’ABJD (au départ, la section belge de l’AIJD) transcende ses origines pour devenir une organisation pluraliste. Dans les années qui suivent, ce dynamisme entraîne de nombreuses adhésions dans les milieux progressistes ainsi que la création de sections régionales en Belgique francophone ; parmi celle-ci, l’Association Liégeoise des Juristes Démocrates (ALJD) s’est particulièrement distinguée par son autonomie. Disparus au début des années 1990, l’ABJD et ses partenaires auront été la matrice de structures - toujours actives actuellement - telles que l’Association Syndicale des Magistrats (ASM) ou le Syndicat des Avocats pour la Démocratie (SAD).
Les Juristes Démocrates - avocats, magistrats, chercheurs - ont mené des combats décisifs, aux niveaux national et international. Le "Journal des Juristes Démocrates" ainsi que les divers rapports produits attestent le large spectre de leurs activités. Cette journée d’histoire orale est un appel à restituer le parcours de ces militants au sein de l’historiographie des mouvements sociaux et de la pratique du droit en Belgique.

Une journée co-organisée par l’Observatoire des Mondes Arabes et Musulmans de l’ULB, le Centre de recherches Mondes Modernes et Contemporains de l’ULB et le CArCoB.

INFOS PRATIQUES :
Le mercredi 14 juin, de 9h à 16h30.
Adresse : Maison des Sciences Humaines, ULB - Avenue Antoine Depage n°1 - 1050 Bruxelles (Bâtiment R52, 2ème niveau - Salle de réception R.3.105.)
Inscription en ligne : http://msh.ulb.ac.be/agenda/conference-juristes-democrates/
Inscription par courrier : John Nieuwenhuys, ULB, Av. F.D. Roosevelt 50 - CP 129/08, 1050 Bruxelles

NOUVEAUTÉ : réédition du livre de Claude Renard "Octobre 1917 et le mouvement ouvrier belge", par le CArCoB et les Éditions Memogrames

La Révolution russe de 1917 a changé la face du 20e siècle. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les prolétaires prennent le pouvoir - et le gardent - à l’échelle d’un pays, soulevant un espoir fou à travers toute la planète. La guerre, opposant les puissances impérialistes, fait alors rage en Europe, semant la haine et le sang. Un conflit dans lequel les peuples, ainsi à s’entretuer, ont tout à perdre.
Quels ont été les effets de 1914-1918, puis de la Révolution russe, sur le mouvement ouvrier belge ? Le leader socialiste Emile Vandervelde participe à l’époque à un gouvernement bourgeois, d’union nationale. Il exalte le patriotisme nationaliste, au détriment des principes de solidarité internationale.
Certes, des groupes se font jour, au sein du P.O.B. et des syndicats, pour dénoncer cette boucherie et réclamer la fin des combats. Mais ils restent minoritaires dans un pays dont la quasi-totalité du territoire est occupé. Octobre 1917 va donner un coup d’accélérateur. Faut-il opter pour le chemin révolutionnaire, aux côtés de la Russie bolchévique ? Ou continuer la voie de réformes, dans un schéma parlementaire classique ? Il faut choisir ! Emmenée par le syndicaliste Joseph Jacquemotte, une aile plus à gauche quitte le P.O.B., adhère à la 3e Internationale (le Komintern) créée par Lénine, et coalise différentes factions, réunies en 1921 au sein du nouveau Parti communiste de Belgique.
Ce livre de Claude Renard a été écrit en 1967. Le voici réédité, à l’occasion du centième anniversaire de 1917, rehaussé de 50 pages de photos, pour la plupart inédites. Jean Puissant, professeur émérite de l’ULB, en signe la préface. Quant à Claude Renard, il nous offre, avec sa postface, un nouvel éclairage, complémentaire, tenant compte de l’évolution ultérieure de l’URSS et de la chute du mur de Berlin en 1989.

En vente dans la librairie en ligne du CArCoB au prix de 19€ (frais de port non compris) : pour acheter l’ouvrage cliquez ici.

Le fabuleux destin de Frédéric Legrand, forgeron borain

Il prit part à l’assaut contre le Palais d’hiver, à Petrograd, en octobre 1917 !
Une vie extraordinaire que celle de Frédéric Legrand, né en 1883, qui fut mineur de fond à 11 ans, avant de se qualifier comme forgeron et d’adhérer aux JGS (Jeunes gardes socialistes) à 14 ans. Quand vient la guerre, en 1914, il s’engage volontairement dans l’armée belge. Il rejoint clandestinement la France où il est affecté à un bataillon de soldats - ouvriers spécialisés. En 1915, avec quelques 200 de ses camarades et compatriotes, il est expédié en Russie. La brigade est employée dans deux usines de guerre, à Sestroretsk et Petrograd. Et les voilà confrontés aux deux révolutions russes, celle de février 1917 et celle, bolchévique, d’octobre 1917. Une partie des Belges, dans ces deux villes, prennent ouvertement parti pour Lénine. Frédéric Legrand, parmi eux, est à l’avant-garde. Il participe, armé, à l’assaut emblématique du Palais d’hiver à Petrograd, qui signa la victoire des révolutionnaires. Il décide de rester en Russie. Il y adhère au parti bolchévique. Il part en Kirghizie comme instructeur forgeron dans des écoles techniques. Puis, il prend part, aux côtés des communistes, à la guerre civile contre les "blancs" et les envahisseurs étrangers.
Au CArCoB, une importante documentation est disponible sur les Belges de Petrograd et Frédéric Legrand.

Une correspondance de Célestin Demblon

Célestin Demblon, (1859-1924) est l’incarnation des pionniers du socialisme de lutte de classe qui fondèrent le POB (Parti Ouvrier Belge) et furent de ses premiers députés. Instituteur révoqué pour ses idées, érudit, il maintint son hostilité à la participation gouvernementale au sein du POB, rallié à celle-ci pendant la guerre 14-18.
Tribun acclamé par les travailleurs de Wallonie, il salua la Révolution bolchevique, se dressa contre la motion Mertens et fut l’âme du journal de la gauche socialiste La Lutte des Classes. Il fut dès lors l’objet de mises en demeure de plus en plus agressives au sein de la Fédération liégeoise du POB, mais il refusa de se dédire. À la veille de son exclusion, il annonça qu’il prendrait la tête de la liste communiste aux élections de 1925, mais son cœur céda le 12 décembre 1924.
La veuve de René Joseph Paquay, ancien militant communiste et Partisan, Mme Vincke, a fait don au CArCoB de 45 lettres manuscrites de Célestin Demblon adressées à l’un de ses partisans, actif au sein de la minorité qu’il animait à la Fédération liégeoise du POB, Armand Lovinfosse. Nous ne possédons malheureusement aucune information sur ce dernier (toute indication serait la bienvenue).
Cette correspondance très soutenue s’étend du 17 novembre 1922 au 29 novembre 1924, soit quelques jours avant le décès de Demblon. Elle évoque la préoccupation soutenue de celui-ci pour la diffusion du journal, l’attention du député installé provisoirement à Bruxelles, pour suivre la situation à Liège, à Herstal, à Seraing. Elle témoigne de son acharnement dans l’affaire Coppée, dont les tractations avec l’occupant semblent échapper à la justice. Elle éclaire aussi les meetings qu’il multiplie jusqu’à son dernier souffle. Cette correspondance annonce ainsi la bataille à venir au sein de la Fédération et traduit l’engagement total de Demblon dans le combat qu’il a engagé, lui dont les plus proches amis et compagnons de lutte, dont Volders principalement, ont désormais cédé la place à une autre génération.

José Gotovitch

Les archives personnelles de Lucette Bouffioux

Les archives personnelles de Lucette Bouffioux (1911-2006) nous plongent dans les multiples appareils et organisations qui, de la guerre aux années septante, furent au cœur de l’activité communiste comme telle, et de l’activité des communistes au sein de nombreuses organisations plus larges.
Venue du Comité mondial des Femmes contre la Guerre, Lucette B. assume sous l’occupation une fonction essentielle à la tête de l’appareil des cadres du PCB qui veille à la sécurité du Parti et à la gestion des cadres. Parmi ses archives figurent de multiples biographies et dossiers renvoyant à la valse des responsables, aux arrestations, aux structures à retisser sans cesse. Elle poursuit cette activité quelques années après la fin de la guerre.
Avocate, elle anime l’Association d’aide à la Grèce démocratique, de 1967 à 1970. Le soutien aux victimes des Colonels est un combat qui a laissé peu de traces qui abondent cependant dans ces documents.
Veuve du poète René Blieck, mort à Neuengamme, elle conserve également quelques dossiers manuscrits et littéraires. Elle joue un rôle central au sein de l’Amicale de Neuengamme, au plan national et international.
Notons encore la présence de dossiers évoquant d’autres luttes principalement de la guerre froide comme le Comité Rosenberg, l’Association des Juristes démocrates, le Rassemblement des Femmes pour la Paix…
Ce fonds d’archives donne donc des perspectives fort diverses de travail pour l’histoire de la clandestinité et de la guerre froide.

Un sommet du Maccarthysme en Belgique !

En pleine Question Royale et Guerre de Corée, le gouvernement PSC homogène décida de purger l’appareil d’État de tous les dangereux communistes. Il crut abattre une carte maîtresse quand sa police "découvrit" le Conseiller d’État Henri Buch attablé dans une maison privée de Hasselt, avec cinq communistes locaux. Il leur enseignait les secrets sulfureux de l’économie politique marxiste ! Un dangereux complot était donc éventé et le magistrat fut traîné devant la Cour de Cassation, à laquelle le Procureur général Cornil réclama la radiation immédiate.
Ancien Commandant national des Partisans Armés, déporté, assumant ses convictions, Buch défendit ses droits de citoyen... Et les magistrats de la Cour de Cassation démontrèrent l’indépendance de la Justice dans un pays de droit...

Cette histoire en forme de quasi polar est démontée dans cette étude que lui a consacrée José Gotovitch en 2011.

"Les Enfants du Hasard", un film de Thierry Michel et de Pascal Colson

Le CArCoB soutient la diffusion du film de Thierry Michel et de Pascal Colson "Les Enfants du Hasard", du nom du charbonnage de Cheratte.
Le film est consacré aux petits-enfants de la dernière immigration de mineurs. Essentiellement turque, elle a succédé à celle des Polonais, Italiens et Espagnols. Outre les questions liées à l’intégration, le film pose aussi celle de la transmission de la mémoire ouvrière.
Le CArCoB estime utile d’ajouter les éléments suivants pour informer le spectateur.
Le 1er mai 1944, un drapeau belge et un drapeau rouge flottaient sur la belle-fleur de Cheratte hauteur. Ils avaient été placés là pour narguer l’occupant par un groupe de résistants armés dont Marcel Levaux faisait partie. En 1971, Marcel Levaux, alors député communiste, devient bourgmestre de Cheratte. Ce sera le dernier avant la fusion des communes et l’absorption de Cheratte par Visé. Pendant son mayorat il développe une politique de construction scolaire. À titre personnel, il soutient le travail scientifique des frères Manço - Ural et Altaï - aujourd’hui reconnus comme grands spécialistes de la communauté turque, dont ils étaient issus.
Le film interpelle. Après une enfance heureuse dans une verdoyante cité sociale et une belle école, cette jeunesse va affronter la vie. Est-elle consciente de tout ce qu’elle doit à deux siècles de lutte ouvrière pour le progrès social ?
Convaincu que ce film animera un débat de société sur l’enseignement, l’immigration, la démocratie, la transmission de la mémoire ouvrière. Un film sur l’enfance et le bonheur tourné durant un an dans l’école primaire de Cheratte près de Liège.

www.enfantsduhasard.com

www.facebook.com/enfantsduhasard/

Exposition Noirs dessins du communisme à Liège

L’exposition "Noirs dessins du communisme. Caricature et dessin politique dans la presse communiste du XXe siècle", s’installe au Grand Curtius de Liège jusqu’au 30/04/2017.
Elle sera accessible du lundi au dimanche de 10h à 18h. Fermeture le mardi.

Il est possible d’organiser des visites guidées. Pour ce faire, veuillez réserver au +32(0)4 221 68 17 ou +32(0)4 221 68 40.

Une exposition du Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches (CHSG) de l’ULB, du Centre des Archives du Communisme en Belgique (CArCoB), de l’Institut d’histoire ouvrière, économique et sociale (IHOES) et du Mundaneum. Avec l’aide de la Formation Léon Lesoil.

Louis NEURAY

À découvrir sur notre site (dans Publications en ligne, notices biographiques), la biographie de Louis Neuray par Jules Pirlot.

Louis Neuray, militant communiste, déclenche une grève en décembre 1940 dans une usine de Herstal. Condamné par un tribunal militaire allemand, il purge une peine de trois ans de prison en Allemagne.

L’assassinat de Julien Lahaut vu d’Italie

Lorenzo DI STEFANO* a consacré son mémoire de maîtrise en science politique à l’assassinat de Julien Lahaut. Il le situe dans le contexte de la guerre froide et offre au public italien une synthèse de la biographie du président du PCB.
Pour le public francophone, un chapitre est particulièrement intéressant : celui de l’impact de la nouvelle de l’assassinat en Italie. Il décrit la mobilisation populaire à l’initiative des syndicats de la CGIL, des partis communiste et socialiste. Il relate les articles parus dans la presse et la participation italienne aux funérailles à Seraing. C’est pourquoi le CArCoB publie sur son site (dans Publications en ligne, Contributions historiques) la version française de ces pages et remercie vivement Betty COLETTA pour ce travail de traduction.

 

* Lorenzo DI STEFANO, Il caso Lahaut (1950), un omicidio politico in Belgio nel contesto della guerra fredda e della questione leopoldista, Tesi di Laurea, facoltà di Scienze politiche, Università degli studi di Teramo (2014-2015).
Cet ouvrage peut être consulté au CArCoB qui remercie l’auteur pour sa coopération.

Exposition Noirs dessins du communisme à La Louvière

Du 25/10/2016 au 09/11/2016, l’exposition "Noirs dessins du communisme. Caricature et dessin politique dans la presse communiste du XXe siècle" ouvrira ses portes à la Maison du Tourisme du Parc des Canaux et Châteaux de La Louvière.
Elle sera accessible du lundi au vendredi de 9h à 17h30 et le samedi de 9h à 12h30 et de 13h30 à 18h. Entrée libre.

Il est possible d’organiser des visites guidées. Pour ce faire, veuillez prendre contact avec le CArCoB par mail : carcob@skynet.be ou par téléphone : 02/513.15.83.

Les Noirs dessins du communisme ont déjà été montrés à la salle Allende de l’Université Libre de Bruxelles et au PointCulture de Bruxelles et ont attiré près de 1450 personnes.

Une exposition du Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches (CHSG) de l’ULB, du Centre des Archives du Communisme en Belgique (CArCoB), de l’Institut d’histoire ouvrière, économique et sociale (IHOES) et du Mundaneum. Avec l’aide de la Formation Léon Lesoil.

Nouvelle publication : Jacques Moins, Un itinéraire engagé (1929-2011)

Le CArCoB vient d’éditer le livre autobiographique de l’avocat Jacques Moins, décédé il y a quelques années. Jacques Moins fut longtemps dirigeant du Parti communiste à Bruxelles. Ardent partisan de l’Eurocommunisme, il resta néanmoins lié à l’URSS, en dépit des erreurs et déviances de celle-ci, clairement dénoncées. Ses mémoires, brutes de décoffrage, éclairent, sous un angle inédit, l’histoire d’après-guerre du PC belge, avec ses hauts et ses bas. Une somme de faits et d’opinions qui constituent un document très rare sur le passé du PC, et son rôle dans la vie politique du pays.

Prix : 15€
Pour toute commande, veuillez vous adresser au CArCoB :
par mail : carcob@skynet.be
par téléphone : 02/513.15.83 - 02/513.61.99.

De nouvelles archives exceptionnelles

"Une" correspondance de Célestin Demblon

Célestin Demblon, (1859-1924) est l’incarnation des pionniers du socialisme de lutte de classe qui fondèrent le POB et furent de ses premiers députés. Instituteur révoqué pour ses idées, érudit, il maintint son hostilité à la participation gouvernementale au sein du POB, rallié à celle-ci pendant la guerre 14-18.
Tribun acclamé par les travailleurs de Wallonie, il salua la Révolution bolchevique, se dressa contre la motion Mertens et fut l’âme du journal de la gauche socialiste La Lutte des Classes. Il fut dès lors l’objet de mises en demeure de plus en plus agressives au sein de la Fédération liégeoise du POB, mais il refusa de se dédire. A la veille de son exclusion, il annonça qu’il prendrait la tête de liste communiste aux élections de 1925, mais son cœur céda le 12 décembre 1924.

La veuve de René Joseph Paquay, ancien militant communiste et Partisan, Mme Vincke, nous a fait don de 45 lettres manuscrites de Célestin Demblon adressées à l’un de ses partisans, actif au sein de la minorité qu’il animait à la Fédération liégeoise du POB, Armand Lovinfosse . Nous ne possédons malheureusement aucune information sur ce dernier. (toute indication serait bienvenue).

Cette correspondance très soutenue s’étend du 17 novembre 1922 au 29 novembre 1924, soit quelques jours avant son décès. Elle évoque la préoccupation soutenue de Demblon pour la diffusion du journal, l’attention du député installé provisoirement à Bruxelles, pour suivre la situation à Liège, à Herstal, à Seraing. Elle témoigne de son acharnement dans l’affaire Coppée, dont les tractations avec l’occupant semblent échapper à la justice. Elle éclaire aussi les meetings qu’il multiplie jusqu’à son dernier souffle. Cette correspondance annonce ainsi la bataille à venir au sein de la Fédération et traduit l’engagement total de Demblon dans le combat qu’il a engagé, lui dont les plus proches amis et compagnons de lutte, dont Volders principalement, ont désormais cédé la place à une autre génération.

 

« Les suspects de mai 1940 »

Le 10 mai 1940, le gouvernement belge fait procéder à une gigantesque rafle de « suspects » : entendez communistes, nationalistes flamands, Juifs étrangers. Ballotés de prisons en prisons, ces « suspects de mai 40 » sont embarqués dans des wagons de marchandises et expédiés vers la France. En chemin, des soldats français avinés en exécuteront une série dans le kiosque à musique d’Abbeville : parmi eux le conseiller communal communiste de Saint Gilles Lucien Monami et le chef du Verdinaso, Joris Van Severen.

Désignés à la vindicte publique comme parachutistes, espions, traîtres etc., ils sont l’objet de la violence des gardiens français et des populations traversées. Sans eau, sans nourriture, ils aboutiront après plusieurs jours dans les camps du Sud Ouest où la France a parqué les républicains espagnols. Libérés en août - sauf les Juifs dont la plupart seront livrés à la SS et déportés à Auschwitz - plusieurs de ces nationalistes flamands publieront le récit de leur calvaire.
Par la grâce de sa famille, le CArCoB vient de recevoir le seul récit connu de ce voyage dramatique rédigé par une des victimes communistes, le journaliste Edouard Stiers (1905-1942), arrêté en 1941 par l’occupant et décédé au camp de Neuengamme. Ce texte de 57 pages confirme la responsabilité des gouvernements belge et français dans cet avant-gout de ce que sera la déportation pour nombre de ces communistes, futurs résistants : Jean Alexander, Pierre Joye, Isidore Heyndels, Andréas Lejeune, Sam Herssens…

Pour une biographie complète de Edouard Stiers et de sa femme Nadia Reznic (déportée à Saint Cyprien en mai 1940 et à Ravensbrück) - voir Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier belge http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr

In Memoriam - Louis Van Geyt

Président du Parti communiste de Belgique (PCB - KPB)
Député de Bruxelles
Membre fondateur du CArCoB

Remise du Prix CArCoB le 24 février à 17h. dans les locaux du CArCoB, rue de la Caserne 33, 1000 Bruxelles

Le premier prix CArCoB vient d’être attribué à Anne-Sophie Gijs pour sa thèse de doctorat : Le pouvoir de l’absent : les avatars de l’anticommunisme au Congo (1920-1961), Doctorat en histoire, UCL, 2014 qui sera bientôt publié aux éditions P.I.E. PETER LANG SA - International Academic Publishers.

"Louis Van Geyt, la passion du Trait d’Union - Regards croisés sur le Parti communiste de Belgique (1945 - 1985). Libres Entretiens avec Jean Lemaître"

1945 : fort de ses actes de résistance, le Parti communiste de Belgique rassemble 80.000 adhérents et devient la troisième force du pays. Lors de la période ultra sectaire de 1947 à 1954, il s’effondre littéralement, avant de reprendre du poil de la bête à la suite de la grève de 1960-1961, sans plus atteindre toutefois le niveau de l’après-guerre.
Après Mai ’68, le PC s’ouvre aux intellectuels, aux chrétiens de gauche, aux jeunes, tout en prenant des distances avec le "modèle" soviétique. De nouvelles perspectives semblent se dessiner. Mais, dès 1981, avec le tournant néo-libéral au Royaume, le parti pique à nouveau du nez et disparaît progressivement des radars politiques.
Au total, bien des questions... Qu’aura apporté le PC à l’histoire sociale et politique de la Belgique ? Pourquoi, fin des années ’70, n’a-t-il pas été capable de se réformer et de trouver un second souffle ? Si c’était à refaire, quelles erreurs auraient-elles pu être évitées ? Et à présent, quels messages d’espoir partager avec les nouvelles générations ?
Louis Van Geyt a présidé le Parti communiste de 1972 à 1988. Aujourd’hui âgé de 87 ans, il a accepté de répondre, sans "tourner autour du pot", aux questions incisives du journaliste Jean Lemaître.

Jean Lemaître, Louis Van Geyt, la passion du Trait d’Union. Regards croisés sur le Parti communiste de Belgique (1945 - 1985). Libres entretiens avec Jean Lemaître, Arquennes, Memogrames les éditions de la mémoire, Bruxelles, CArCoB asbl, 2015.

414 p. - 30 €

Ouvrage à commander :
Au CArCoB - 02 513 15 83 - carcob@skynet.be
Aux Éditions Memogrames - 067 63 71 10 - memogrames@yahoo.fr

Prix bisannuel du CArCoB

Nous avons le plaisir de vous annoncer la création d’un prix bisannuel destiné à distinguer une contribution originale à la connaissance historique des mouvements communistes en Belgique.
Ce prix est ouvert notamment aux travaux d’histoire et histoire de l’art, de science politique, sociologie, droit, science économique, anthropologie et archivistique.

 
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Exposition au PointCulture de Bruxelles : 11/08 - 12/09 2015

Une exposition sur la caricature et le dessin politique dans la presse communiste du XXe siècle se tient du 11 août au 12 septembre au PointCulture de Bruxelles. Réalisée par le CArCoB, en collaboration avec le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches (CHSG) de l’ULB, l’Institut d’histoire ouvrière, économique et sociale (IHOES), le Mundaneum et la Formation Léon Lesoil (FLL), l’exposition présente une sélection des cent reproductions présentées à la salle Allende de l’ULB au mois de mars.

"Progrès films - Un demi-siècle de distribution cinématographique en Belgique"

En 1950, le Parti communiste crée Progrès Films pour diffuser des films soviétiques. La société de distribution prend son essor à l’arrivée de Didier Geluck en 1955. Militant, dessinateur de presse (sous le pseudonyme de Diluck) et esthète, Didier Geluck façonne le catalogue de Progrès Films avec un véritable talent de découvreur. Il fait d’abord connaître le cinéma de qualité produit à l’Est, puis des productions de partout dans le monde. Fournisseur de nombreux ciné-clubs, Progrès Films diffuse films de fictions, d’animation et documentaires, contribuant à la cinéphilie de Belgique. Pendant un demi-siècle, Progrès Films a fixé les standards de la distribution art et essai, au gré des nombreuses mutations politiques, socioéconomiques et industrielles qui ont secoué le cinéma. Contre vents et marées, Progrès Films a poursuivi son activité jusqu’en 2002, date à laquelle la société à été mise en liquidation, à genoux face à un marché dans lequel elle ne trouvait plus sa place.
Ce livre retrace les cinquante années de ce combat culturel.

Morgan Di Salvia, Progrès Films - Un demi-siècle de distribution cinématographique en Belgique, Editions du Cerisier, Place publique, 2015

240 p. - 18 €

Ouvrage à commander :

chez votre libraire,
aux Editions du Cerisier - 065 31 34 44 - editionsducerisier@skynet.be,
au CArCoB - 02 513 15 83 - carcob@skynet.be

Accueil

 

Le CArCoB est un centre d’archives privées, reconnu par la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui rassemble et met à la disposition du public des collections comprenant archives, livres et brochures, photos, affiches, périodiques et films se rapportant à l’histoire du mouvement ouvrier en Belgique, principalement le Parti communiste et les diverses organisations qui y furent liées.

Adresse : rue de la Caserne 33 - 1000 Bruxelles - Belgique, tél. 00 32 (2) 513 15 83 et 00 32 (2) 513 61 99
Horaire : du lundi au vendredi de 10h à 16h
 
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Salle de lecture du CArCoB

En collaboration avec son homologue flamand, le Dacob, le CArCoB gère les archives émanant du Parti communiste de Belgique (1921-1989). Il est le dépositaire des copies des documents relatifs à la Belgique conservés dans les archives de l’Internationale communiste à Moscou (RGASPI) ainsi que de nombreuses archives personnelles de ses militants.

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8ème congrès du PCB en 1946

La bibliothèque recèle quelques milliers de titres des périodiques édités par ses organisations. Elle détient également des milliers de précieuses brochures émanant de toutes les organisations ouvrières de Belgique, la totalité des publications du PCB et de la JCB et de très nombreuses éditions des partis communistes dans le monde.

Ses collections d’affiches et de photos offrent un panorama des luttes menées par le PCB, la Jeunesse communiste, le mouvement de la paix, les associations culturelles et sociales.

L’ensemble de ces collections est répertorié progressivement dans le catalogue en ligne PALLAS. Une aide à la consultation et des outils de travail "papier" sont disponibles dans la salle de lecture et auprès des archivistes.

 

 

Code de respect des usagers culturels en Fédération Wallonie-Bruxelles (PDF)